jeudi 2 février 2017

La Fondation Abbé Pierre partage tout un programme pour en finir avec le mal-logement

La Fondation Abbé Pierre partage tout un programme pour en finir avec le mal-logement

Laurence Mauriaucourt
Mardi, 31 Janvier, 2017
Humanite.fr

Entre le début des années 2000 et la fin du quinquennat Hollande, les personnes souffrant de mal-logement sont de plus en plus nombreuses. La Fondation Abbé Pierre rend public un rapport qui dépasse le sombre constat et met en lumière quinze propositions très politiques. 
En matière de lutte contre le mal-logement, le bilan du quinquennat Hollande est en "demi-teinte", juge la fondation Abbé Pierre dans son rapport annuel, qui a été remis lundi au président de la République. Malgré les engagements du candidat Hollande, qui avait signé le "Contrat social" de la fondation en février 2012, et une "activité législative assez dense" liée au logement pendant le quinquennat (loi ALUR, loi relative à la mobilisation du foncier public, loi pour la transition énergétique, etc.), en 2017 "le nombre de personnes confrontées à la crise du logement continue d'augmenter", selon ce rapport.


Près de quatre millions de personnes sont mal logées, (c'est-à-dire qu'elles sont soit privées de logement personnel soit vivent dans des conditions de logement très difficiles) et plus de 12 millions sont "fragilisées par rapport au logement" (locataires en situations d'impayés, propriétaires occupant un logement dans une copropriété en difficulté, etc.).
Si la fondation Abbé Pierre n'est pas en mesure de comparer strictement l'évolution, pendant le quinquennat, du nombre de mal logés, elle souligne plusieurs tendances montrant une aggravation de la situation: le nombre de personnes sans domicile par exemple (143.000 selon l'Insee) a augmenté de 50% entre 2001 et 2012. Celui des personnes contraintes d'être hébergées chez des tiers a grimpé de 19% entre 2002 et 2013. Et les personnes en situation de "surpeuplement accentué" (lorsqu'il manque deux pièces ou plus au logement) "sont de plus en plus nombreuses": +17% entre 2006 et 2013.
Sur le plan de l'immobilier, "alors que le président de la République avait fixé l'objectif de 500.000 constructions neuves par an, dont 150.000 logements sociaux, on ne peut que constater à la fin de ce quinquennat que le compte n'y est pas", souligne aussi le rapport: "depuis 2012, moins de 400.000 logements sont mis en chantier chaque année, malgré une remontée de la production au cours de la dernière année du quinquennat".

La Fondation Abbé Pierre regrette également que "les expulsions locatives surviennent encore avec le concours de la force publique sans relogement, contrairement aux engagements présidentiels". Elles ont même fait un "bond spectaculaire annuel de 24% en 2015".
Parmi les points positifs, la fondation Abbé Pierre cite notamment l'encadrement des loyers qui a des "effets concrets et directs, sonnants et trébuchants, pour les ménages", et qu'il est "indispensable de renforcer". "Des graines ont été semées et des avancées obtenues, en matière de loyers, d'orientation des attribution HLM, de gouvernance, de précarité énergétique... Mais elles ne suffiront pas face à l'ampleur du mal logement".


Vite ! Une sécurité sociale du logement !
Pour renverser la tendance, "il faut complètement changer d'échelle", martèle Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre. "Si on met en place un grand plan d'action national pour sortir les sans domicile de leur situation, on peut régler la question en cinq ou dix ans selon les territoires", assure-t-il. Pour combattre efficacement le mal-logement, la Fondation Abbé Pierre émet quinze propositions, parmi lesquelles la production de 150.000 logements sociaux par an accessibles aux plus modestes, la mobilisation du parc privé à des fins sociales, la mise en place d'une politique plus précoce de prévention des expulsions ou encore la résorption des "passoires thermiques" (logements mal isolés). Concernant les migrants, la fondation insiste sur la nécessité de débloquer des moyens pour les loger et les accompagner et celle d'assouplir les possibilités de régularisation, "afin d'éviter que des dizaines de milliers de personnes soient en situation de grande précarité pendant des années".
Ce mardi 31 janvier, les principaux candidats à la présidentielle, à l'exception de Marine Le Pen avec qui la Fondation est en "désaccord profond", étaient invités à débattre de ces sujets à La Défense. Ont répondu à l’appel Yannick Jadot, Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron et Benoît Hamon.

L’Europe resserre les rangs contre Trump


L’Europe resserre les rangs contre Trump

Mercredi, 1 Février, 2017
Humanite.fr
Le Parlement et la Commission européenne sont unanimes pour dénoncer le décret de Trump qui interdit l’entrée du territoire américain aux réfugiés et aux ressortissants de sept pays. Ted Malloch, pressenti par Trump pour être ambassadeur auprès de l’Union européenne, est par ailleurs menacé d’être déclaré « persona non grata » à Bruxelles en raison de ses propos anti-européens.
L’Europe n’aura pas attendu le sommet des 27 chefs d’Etat et de gouvernements vendredi prochain à Malte pour riposter aux décisions prises à grands coups de stylos vengeurs par le nouveau président américain. Après les propos du président du Conseil européen, Donald Tusk, estimant que Trump représentait une menace pour l’Europe, ce sont tous les représentants des grands groupes politiques au Parlement européen, mais également la représentante de la Commission européenne, qui sont montés au créneau mercredi après-midi lors de la session plénière du Parlement à Bruxelles.
Cible immédiate de leurs critiques: le fameux décret anti-migrants, jugé aussi bien contre-productif que contraire aux droits de l’Homme, mais surtout, totalement étranger à la tradition américaine. « Nous ne sommes pas d’accord avec le décret présidentiel », a déclaré d’emblée pour la Commission, Federica Mogherini, après avoir rappelé que nul ne pouvait être privé de ses droits « en raison de son lieu de naissance, de sa religion, ou de son ethnie. » C’est pourtant ce que vient de faire Trump en décidant d’interdire l’entrée sur le territoire américain à tout ressortissant de sept pays à majorité musulmane ( l’Iran, l’Irak, La Libye, la Somalie, le Soudan, la Syrie et le Yémen ), et à tous les réfugiés pendant 120 jours, pour l’instant. Trouvant d’assez mauvais goût que le président américain ait choisi de prendre son décret le jour consacré à la mémoire des victimes de l’Holocauste dans le monde entier, la cheffe de la diplomatie européenne a martelé que le droit d’accueillir ceux qui fuient les persécutions était inaliénable : « c’est notre identité, aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis. On ne peut par mettre entre parenthèse les droits fondamentaux, » a-t-elle tenu à rappeler. « Ce n’est pas seulement une question d’interdiction de voyager, » a estimé de son côté Manfred Weber ( PPE ), estimant que le décret Trump ne faisait que « susciter des haines complémentaires, » et rappelant que le tueur de l’attentat contre la mosquée de Québec qui a fait 6 morts, « avait fait référence à Trump. »
« J’ai l’impression qu’on voit une mauvaise pièce de théâtre », a expliqué Gabrielle Zimmer ( GUE-GVN ) appelant elle aussi à « s’opposer à ce mépris de Trump pour les migrants », et rappelant que l’Union européenne, qui s’est fondée «  contre le mépris de l’humain, doit rester une maison sûre pour les migrants. » La députée allemande exige aussi que l’armée américaine quitte définitivement le territoire européen.
« Inacceptable » également pour Ska Keller ( Verts-ALE ), la décision de Trump qui « rétablit un régime discriminatoire basé sur la religion. » Ajoutant que Donald Trump est un « séisme pour les valeurs démocratiques, » la députée Verte constate que l’Union européenne porte désormais une responsabilité plus lourde dans la préservation et la défense des libertés, des droits humains, de  la démocratie et de  l’État de droit. « Mais pour que l’UE soit crédible en tant que garante des valeurs démocratiques, » ajoute-t-elle, « encore faut-il qu’elle ne se limite pas à des déclarations d’intention mais qu’elle les réalise concrètement. »
Tous les députés ont relevé le danger que Trump faisait courir aussi bien à la démocratie qu’à l’Europe. « Certains pensaient que Trump était une simple plaisanterie, c’est un véritable cauchemar, » a observé pour les Socialistes Gianni Pitella ( S et D ), déplorant qu’on ait oublié « les dictateurs qui ont mené le monde dans le sang. » Le député italien a par ailleurs noté le côté dérisoire des mesures prises par le président américain, « qui n’ont rien à voir avec la lutte contre le terrorisme.» Guy Verhofstadt ( ALDE ) a d’ailleurs remarqué que depuis 1995, aucun des responsable d’attentats aux Etats-Unis ne venait d’un des pays dont les ressortissants sont aujourd’hui interdits de territoire américain par Trump. Ska Keller a ajouté que Trump avait d’ailleurs bien fait attention de ne pas faire figurer l’Arabie Saoudite, son partenaire commercial et militaire, parmi les pays concernés par son décret, alors que ce pays n’est pas «  sans lien avec le financement du terrorisme. »

Nouvelle salve du Canard au coeur de l'affaire Fillon


Nouvelle salve du Canard au coeur de l'affaire Fillon

Laurence Mauriaucourt
Mardi, 31 Janvier, 2017
Humanite.fr
Selon l'hebdomadaire satirique à paraître demain, mercredi 1er février, les sommes en jeu dans l'affaire Fillon avoisineraient le million d'euros. De nouvelles affirmations tandis  que le Parquet de Paris enquêtait aujourd'hui au sein même de l'Assemblée nationale.
Dans son édition du mercredi 1er février, le Canard Enchaîné affirme que ce sont près de 900 000 euros cumulés que Penelope Fillon a perçu au titre de pseudo assistante parlementaire de son mari puis de Marc Joulaud, son suppléant, et actuel maire de Sablé-sur-Sarthe, et également comme pseudo-rédactrice à la Revue des Deux Mondes, où l'épouse du candidat porté par Les Républicains aurait perçu 100 000 euros pour seulement deux notes de lecture rédigées en 2012-2013.
Aux sommes qui montent, qui montent, s’ajoutent plus 84 000 euros perçus par deux des enfants du candidat de la droite, également employés au service de leur père.  Ils étaient encore étudiants à l’époque. Emplois  réels ou fictifs ? C’est l’enjeu d’une enquête ouverte par le Parquet financier de Paris dès mercredi dernier, après les premières révélations du Canard Enchaîné.  L’hebdomadaire avait  évoqué la somme de "500.000 euros brut" la semaine dernière, concernant une période allant de 1998 à 2002. Il est maintenant question de sommes proches du million d’euros.  Où sont les fiches de paye, les contrats de travail, les traces de badge obligatoire pour circuler à l’Assemblée ?  La journée de mardi a été marquée par une descente de Police à L’Assemblée nationale pour y récupérer « des documents » dans le bureau de François Fillon.  Il n’y a eu que six demandes de perquisitions à l'Assemblée sous la Ve République, toujours acceptées par le président, a précisé  l'Hôtel de Lassay, sans autre commentaire.
Le couple Fillon a été entendu séparément lundi par des policiers chargés de l'enquête ouverte par le parquet financier de Paris après les premières révélations du Canard Enchainé. Les époux ont affirmé à l'issue des  auditions avoir «apporté des éléments utiles à la manifestation de la vérité afin d'établir le travail réalisé par Mme Fillon».
Marc Ladreit de Lacharrière, propriétaire de la Revue des deux Mondes et proche de François Fillon a lui aussi été interrogé.
Marc Joulaud (LR), devenu député quand François Fillon fut nommé Premier Ministre de Nicolas Sarkozy, sera à son tour entendu mercredi par le parquet financier qui mène une enquête très observée. Il est question de détournement de fonds publics, d’abus de biens sociaux et de recel.
Les conséquences politiques  peuvent être multiples. Parmi les faits, l’on relève que François Fillon rencontrera les Parlementaires Les Républicains demain, mercredi  1er février, à 11h30.  

Pierre Laurent appelle la gauche au « dialogue » pour construire « une majorité politique »


Pierre Laurent appelle la gauche au « dialogue » pour construire « une majorité politique »

Mardi, 31 Janvier, 2017
Humanite.fr
Primaire, affaire Fillon… pour les communistes, les cartes sont rebattues pour 2017. Rappelant l’engagement de son parti dans le soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon, le secrétaire national du PCF a invité les candidats de gauche à la présidentielle et leur formation à un débat sur les propositions pour « une politique résolument à gauche ».
Après la primaire du PS qui a qualifié Benoît Hamon comme candidat à la présidentielle, pas question de changer de pied pour le PCF. « Nous sommes engagés dans la campagne de Jean-Luc Mélenchon», a affirmé Pierre Laurent, son secrétaire national, qui, après avoir gardé le silence depuis dimanche, a également dit hier, à l’occasion d’une conférence de presse au Sénat, sa détermination à poursuivre la démarche de « rassemblement » engagée depuis un an par son parti.
 
Une démarche que le dirigeant communiste estime confortée par les résultats de la primaire socialiste. « Nous considérons que nous sommes dans une situation nouvelle » et que « la désignation de Benoît Hamon (en) est la marque », a-t-il déclaré, jugeant que François Hollande et Manuel Valls ont été « éliminés parce qu’il y a parmi le peuple de gauche l’envie de tourner cette page et de retrouver l’espoir ».  « On nous a expliqué depuis des mois que le scénario était joué d’avance, c’est moins vrai que jamais aujourd’hui », a ajouté le sénateur de Paris,  considérant « la candidature à droite fragilisée » avec « l’affaire Penelope Fillon » et avant cela des « propositions très dures » notamment sur la Sécurité sociale. « Nous voyons bien que le Front national est en embuscade, a-t-il concédé. Mais en maquillant son programme. Cette imposture (sur ses propositions dites sociales, NDLR) peut être démasquée dans les semaines à venir. »
 
Pour ce faire c’est au « dialogue » à gauche que le PCF appelle. Il ne s’agit pas, selon ses dirigeants, de demander à Jean-Luc Mélenchon ou à Benoît Hamon de se retirer en faveur de l’autre pour la présidentielle : «Cela n’aurait pas de sens. Ils ont chacun leur légitimité. Jean-Luc Mélenchon a fait un bon début de campagne et Benoît Hamon a emporté la primaire », a relevé le porte parole du PCF, Olivier Dartigolles. « Jean-Luc Mélenchon est moins isolé que Yannick Jadot et ni plus ni moins que Benoît Hamon », a ajouté Pierre Laurent. La direction communiste, qui a rendu publique une déclaration, hier, considère nécessaire de « retrouver le chemin du dialogue » en vue de la « constitution d’une majorité politique mettant en œuvre une politique résolument à gauche » à l’issue des scrutins de cette année. «Nous sommes prêts à toutes les rencontres » , a insisté Pierre Laurent, qui a parlé par téléphone avec Jean-Luc Mélenchon lundi soir et avec Benoît Hamon mardi matin. « Il y a nécessité de reconstruire rapidement des repères de ce que doit être une politique de gauche », a abondé Olivier Dartigolles.
 
« Beaucoup d’occasions ont été ratées, une nouvelle se présente. Pour la saisir utilement il faut débattre de la politique qu’il faut mettre en œuvre», a-t-il poursuivi. Sans attendre, le PCF a mis hier sur la table plusieurs dossiers : la question sociale (« Par quoi remplacerons nous la loi El Khomri? », a interrogé Pierre Laurent, avançant la proposition de loi de sécurisation de l’emploi et de la formation  déposée aujourd’hui par les députés communistes), la lutte contre la finance et l’évasion fiscale, le nouveau mode de développement, la politique européenne…
 
Pierre Laurent a également assuré que les communistes allaient amplifier leur « campagne contre la droite et l’extrême droite, démasquer Macron et mettre (leurs) propositions en débat ». Quant aux législatives, elles demeurent, selon le comité exécutif national du PCF, « plus que jamais une étape essentielle pour construire une majorité qui vote des lois, au nom et en faveur du peuple ». Avec Jean-Luc Mélenchon, «le dialogue va être plus facile » a-t-on glissé hier alors que PCF et France insoumise ne se sont pour l’heure pas entendu pour éviter des candidatures concurrentes. « Nos candidats aux élections législatives construisent dans leur circonscription des arcs de rassemblement qui ne sont pas enfermés dans les appartenances partisanes », a assuré hier le secrétaire national du PCF.

Emmanuel Macron, demandez (toujours) le programme

Emmanuel Macron, demandez (toujours) le programme

Mercredi, 1 Février, 2017
Humanite.fr

Faute de programme qu’il promet pour dans une dizaine de jours, le candidat d‘«En marche » mouline ses mêmes propositions.
Il y avait les raffarinades, ces formules au bon sens apparent masquant la vacuité du propos, il y a maintenant les macronades. Invité de France inter, le candidat d’En marche a expliqué que son «offre politique consiste à rassembler la social-démocratie, l’écologie réaliste et le gaullisme social». «Pour être progressiste, il faut proposer un modèle dans lequel on produit avant de redistribuer», avance l’ancien ministre. Ou encore qu’il «ne faut pas aller à la confrontation avec l’Allemagne mais on peut aller à une certaine tension pour faire avancer des choses».
Faute de programme à présenter encore -ce sera dans une dizaine de jours assure-t-il- a égrené une série de propositions économiques et fiscales Parmi elles, une «transformation du RSA pour accompagner le retour à l’activité», resucée d’un discours rôdé à droite voulant que l’allocation soit trop proche du SMIC pour inciter à travailler. «Ca, on va l’augmenter pour en gros 100 euros par mois pour quelqu’un qui est au Smic», a-t-il ajouté. Emmanuel Macron s’est inscrit dans les pas de Hollande et a rappelé qu’il souhaitait transformer le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) en «allégement de charges durable», en dépit de son inefficacité sur l’emploi. Il a également rappelé qu’il souhaitait «supprimer la totalité des charges au niveau du Smic», mesure qui avait été prévue dans le cadre du Pacte de responsabilité en 2014.
L’ancien ministre de l’Economie a annoncé son intention de «réformer en profondeur» l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) pour en sortir la propriété d’entreprise ou d’actions, pour en faire un «impôt sur la rente immobilière», sans toucher à l’abattement sur la résidence principale, ni aux exonérations pour les oeuvres d’art, niche utile pour milliardaires : la profondeur de la réforme est toute relative.
II a bien entendu défendu la libéralisation des lignes d’autocars, réforme «pas anecdotique et ça se substitue très marginalement au trafic ferroviaire». Un an après la libéralisation du marché des liaisons par autocar, 1430 emplois seulement ont été créés, contre 22.000 annoncés par la commission d’étude des effets de la loi Macron, en janvier 2015. Et les compagnies sont loin d’être rentables.
 
Interrogé sur les 35 heures, il a assuré qu’il ne proposait «pas des contrats différenciés par l’âge» et qu’il souhaitait conserver la durée légale du travail à 35 heures dans la loi, renvoyant «à l’accord de branche, l’accord d’entreprise la possibilité de négocier d’autres équilibres».
 
Concernant les législatives, «la moitié au moins seront des nouveaux candidats, qui viennent de la société civile, qui viennent de la vie active», a-t-il déclaré, précisant 5 critères de sélection : le renouvellement, le pluralisme politique, la parité, l’absence de casier judiciaire et un engagement à voter les grands axes du programme, engagement en contradiction avec le mandat de député qui ne peut être impératif. 4000 demandes d’investitures sont parvenues, avec semble-t-il une sur-représentation d’hommes.
L’ancien pensionnaire de Bercy a également confirmé que l’ancienne secrétaire d’Etat aux Transports de Jacques Chirac, Anne-Marie Idrac, avait rejoint son mouvement, devenant la quatrième ancienne ministre de Chirac à le rejoindre. Du coup, Emmanuel Macron s’et evertué à relativiser le poids de ces anciens élus ou caciques du système, «reprenez ce que disait Alain Minc

Amazon, les syndicats saisissent I'Inspection du travail pour « plan de départs volontaires déguisé »

Amazon, les syndicats saisissent I'Inspection du travail pour « plan de départs volontaires déguisé »

Marion d'Allard
Mercredi, 1 Février, 2017
Humanite.fr

Le géant de la vente en ligne offre jusqu’à 8 000 euros de primes aux salariés en CDI contre démission. Une « aide à la réalisation de projets personnels » pour la direction, un « plan de départs volontaires déguisé et sans concertation » pour les syndicats qui contre-attaquent en saisissant l’inspection du travail.
C’est une tradition qui passe mal. Depuis deux ans, Amazon propose à ses salariés en CDI de démissionner en contrepartie d’une « prime » comprise, en fonction de l’ancienneté, entre 2 000 et 8 000 euros. Cette grande braderie annuelle de l’emploi, connue en interne sous le nom de « the offer » s’étale, comme les soldes, sur une période donnée, cette année  du 23 janvier au 5 février.
Si la direction fait promotion de son initiative par un discours bien rodé sur l’aide à la réalisation d’ « un projet personnel », pour les syndicats, il s’agit bel et bien d’un « plan de départs volontaires déguisé ». Ainsi lundi, CGT, SUD, CFDT et CAT, ont voté la saisine de l’inspection du travail sur ce point (la CFE-CGC s’est abstenue). « Cette mesure n’a été discutée dans aucune des instances représentatives du personnel, ni même annoncée en CE » déplore Alain Jeault, délégué syndical central CGT chez Amazon. « Nous avons donc décidé de saisir l’inspection du travail à qui on demande d’intervenir auprès de la direction pour faire respecter les procédures légales en cas de plan de départs volontaires » poursuit le syndicaliste.
D’autant que nul ne sait si les postes ainsi libérés seront à nouveau pourvus en CDI. « Lorsque nous posons la question à la direction, elle reste extrêmement floue sur ce point » raconte Alain Jeault. Et les syndicats de dénoncer « une manœuvre permettant d’embaucher à moindre coût des intérimaires, précaires, à la place des CDI ». Or à l’échelle du groupe le nombre d’emplois précaires crève déjà les plafonds. Pour 4 000 salariés en CDI, les syndicats estiment à 3 000 le nombre régulier d’intérimaires et jusqu’à 6 500 lors des périodes de forte activité, comme à Noël. Une situation qui risque de s’aggraver avec « l’offre » annuelle de départs volontaires.  Le tout, dans un contexte de pressions quotidiennes sur les salariés dont « beaucoup ne tiennent pas longtemps à cause des cadences » note Arnaud Chemain de la CGT Commerce.
En tout, « 11 salariés en 2015 et 12 en 2016 » auraient quitté l’entreprise à la faveur de cette mesure avance la direction estimant qu’ « un tiers d’entre eux avaient trouvé un travail ailleurs, qu’un autre tiers l’a fait pour des raisons personnelles » et sans toutefois préciser le sort du dernier tiers des salariés concernés. Si les chiffres des départs volontaires peuvent paraître dérisoires, pour Alain Jeault, « leur nombre risque d’augmenter car la prime maximale est passée de 5 000 euros l’an passé à 8 000 euros aujourd’hui, encore une fois sans aucune consultation des syndicats ».
Auprès des salariés qui se laisseraient tenter, les syndicats répondent donc par la pédagogie. « Il faut leur dire qu’ils n’ont aucun droit au chômage en cas de démission et qu’ils risquent très vite de se retrouver sans rien s’ils ne retrouvent pas rapidement un emploi » note le syndicaliste.
Les lettres recommandées adressées par les syndicats d’Amazon devraient quant à elles,  parvenir à l’inspection du travail dans les prochaines heures. 

Une grande réforme pour garantir le travail ? La voilà

Une grande réforme pour garantir le travail ? La voilà

Jeudi, 2 Février, 2017
L'Humanité

Les députés PCF-Front de gauche ont présenté hier un projet de réforme construit avec les acteurs du mouvement social contre la loi El Khomri. Le texte pose les fondements d’une sécurité d’emploi et de formation pour chacun, en vue d’éliminer le chômage et la précarité.
 
« Plus que la simple abrogation de la loi travail, c’est un axe central pour construire un nouveau projet de société, un monde plus juste, un monde sans chômage qui tire toute la société vers le haut », a lancé, hier, le chef de file des députés PCF-Front de gauche, André Chassaigne. Son groupe présentait la proposition de loi qu’il a construite avec le mouvement social depuis le printemps dernier, au cœur de la lutte contre la loi El Khomri. Le texte s’inspire de la proposition phare du Parti communiste d’une sécurité d’emploi et de formation, base d’un projet de réforme coélaboré, discuté, amélioré avec l’apport d’économistes, de syndicalistes et de juristes. Une œuvre collective, répondant « à la situation de l’immense majorité des salariés qui se retrouvent en situation de précarité croissante », quand 9 Français sur 10 estiment qu’il est désormais « facile de basculer dans la précarité » et « recherchent la sécurité face au gâchis du chômage », a plaidé le sénateur et secrétaire national du PCF, Pierre Laurent.