mardi 27 décembre 2016

Sahara occidental. Gdeim Izik, l’affaire qui embarrasse le palais

Sahara occidental. Gdeim Izik, l’affaire qui embarrasse le palais

Rosa Moussaoui
Mardi, 27 Décembre, 2016
L'Humanité

manifestation en novembre 2015 à paris pour la libération des prisonniers condamnés après l’évacuation de Gdeim Izik. Photo P. Nussbaum
manifestation en novembre 2015 à paris pour la libération des prisonniers condamnés après l’évacuation de Gdeim Izik. Photo P. Nussbaum
Patrick Nussbaum
Le procès en appel de vingt-cinq militants sahraouis accusés d’avoir tué des policiers marocains lors du démantèlement du camp de Gdeim Izik, en 2010, a été reporté.
Affaire ajournée, audience reportée au 23 janvier 2017. Le procès en appel des 25 militants sahraouis de Gdeim Izik (voir l’Humanité du 26 décembre) a pris d’emblée, hier, des allures d’arène politique. Les accusés, incarcérés depuis six ans, sont entrés dans la salle d’audience aux cris de « Liberté pour le peuple sahraoui ! ». « Il n’y a pas d’alternative à l’autodétermination ! » ont clamé, tous ensemble, les détenus, condamnés en 2013 à des peines allant de vingt ans de prison à la perpétuité. « Il n’y a pas d’alternative à la peine de mort pour les criminels ! » répondaient en chœur, dans une ambiance électrique, les membres des familles des 11 agents des forces de sécurité marocaines tués en 2010, lors du violent démantèlement du camp de protestation de Gdeim Izik. Privées de la possibilité de se constituer partie civile en première instance, en 2013, devant le tribunal militaire de Rabat, ces familles ont formé, dans les dernières semaines, une association des proches des victimes, défendue par des avocats de renom, liés aux conservateurs de l’Istiqlal ou du Parti de l’authenticité et de la modernité (PAM), proche du palais. Indemnisées à l’époque des faits, elles réclament aujourd’hui des dommages et intérêts, occupant le devant de la scène à l’occasion de ce procès très médiatisé.

L’affaire est politiquement très sensible

Une certaine hésitation flottait sur l’audience d’hier, après l’arrêt de la Cour de cassation qui a annulé la décision du tribunal militaire, en vertu d’une réforme adoptée l’an dernier interdisant la comparution de civils devant une juridiction militaire. Venu spécialement de Casablanca, le président de la cour d’appel voulait offrir un visage conciliant, assurant à maintes reprises les avocats de son attachement aux droits de la défense, à la tenue d’un procès équitable, à la présence d’observateurs internationaux et d’avocats étrangers, dont Me Joseph Breham, qui a vigoureusement dénoncé « des condamnations, en première instance, sur la base d’aveux obtenus sous la torture ».
Mais l’apparence de débats contradictoires, par exemple sur la possibilité, pour les familles des agents de sécurité, de se constituer partie civile à l’occasion de ce nouveau round judiciaire, masquait mal l’embarras des autorités marocaines. Du défaut de motivation du jugement par le tribunal militaire, pointé par la Cour de cassation, jusqu’à la sévère condamnation du Maroc par le Comité de l’ONU contre la torture, à la suite de la plainte de l’un des détenus, Ennaâma Asfari, l’affaire, pour le pouvoir, est piégée de toutes parts.
Officiellement, l’audience est reportée en raison de l’absence de l’un des accusés, aujourd’hui libre, qui n’a pas reçu de convocation. Sur le fond, l’affaire est politiquement très sensible, avec des détenus sahraouis déterminés à faire du procès une tribune pour le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, et pour le respect du droit humanitaire international qui devrait, selon leurs avocats étrangers, s’appliquer dans ce territoire non autonome et reconnu comme tel par les Nations unies. Question toujours taboue au Maroc, où le palais oppose à la perspective de l’autodétermination celle d’un « plan d’autonomie » propre à perpétuer l’occupation de l’ex-colonie espagnole, annexée par le Maroc en 1975.

Les détenus n’ont jamais cessé de clamer leur innocence

À l’extérieur du tribunal, les familles des prisonniers sahraouis, venues de Laâyoune, nassées par les forces de sécurité et qui n’avaient pu avoir accès à la salle d’audience, faisaient face aux proches des gendarmes et policiers tués à Gdeim Izik. « Les méthodes de ces criminels sont les mêmes que celles des tueurs de Charlie Hebdo », lance Ahmed Atertour, président de la Coordination des familles des victimes, dont la voix est couverte par un mégaphone crachant des slogans monarchistes et religieux. Les détenus de Gdeim Izik, eux, n’ont jamais cessé de clamer leur innocence. Et de dénoncer un châtiment politique qui, au final, ne rend pas justice aux familles des victimes.
Le maroc perd devant la cour La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a rendu un arrêt, mercredi dernier, qui empêche que l’accord d’association, en vigueur depuis 2000 entre l’Union européenne (UE) et le Maroc, ne s’applique au Sahara occidental. Cette victoire juridique est pour les Sahraouis en demi-teinte. Le Front Polisario, qui les représente, avait réclamé et obtenu en 2015 l’annulation d’un accord de libéralisation sur les produits agricoles et de pêche. Ce verdict avait fait l’objet d’un recours de la part des États membres de l’UE. Ce nouveau verdict permet à l’accord de libéralisation de fonctionner, mais en limite le champ d’application territorial.
Journaliste à la rubrique Monde

Politiques et journalistes. « La connivence est irréversible »

Politiques et journalistes. « La connivence est irréversible »

Entretien réalisé par Audrey Loussouarn
Lundi, 26 Décembre, 2016
L'Humanité

Sarkozy, en 2006, s’adressant aux journalistes lors de l’université d’été de l’ump. PHOTO OLIVIER LABAN-MATTEI/AFP
Sarkozy, en 2006, s’adressant aux journalistes lors de l’université d’été de l’ump. PHOTO OLIVIER LABAN-MATTEI/AFP
AFP
Entretien. À l’heure de la campagne électorale, Alexis Lévrier analyse les relations entre personnalités politiques et journalistes. Selon lui, le traitement médiatique en devient « orienté » et « partiel ».
De Franz-Olivier Giesbert, et son « moi, je baise avec le pouvoir », à Nicolas Domenach, la connivence entre journalistes et politiques semble pleinement revendiquée…
Alexis Lévrier La polémique déclenchée par le voyage à Abidjan de Nicolas Domenach, payé par Manuel Valls, montre que des comportements, autrefois dans la norme, deviennent l’exception. Le journaliste dit pratiquer sa profession comme un « sport de combat rapproché ». Il reprend la formule « le contact et la distance » d’Hubert Beuve-Méry (fondateur du Monde – NDLR) mais revendique la volonté d’être d’abord au contact pour, ensuite, prendre de la distance. Beuve-Méry disait, lui, qu’il faut être l’un et l’autre. Il expliquait à ses journalistes qu’ils avaient le droit d’être invités par le pouvoir politique « à condition de cracher dans les plats ». Domenach, lui, s’est resservi : ce qu’il a écrit après ce voyage n’a rien d’original, ni d’indépendant, et dresse le premier ministre en présidentiable. Ce que Manuel Valls attendait.
La pratique du journalisme embarqué fait partie intégrante de la campagne présidentielle. Qu’est-ce que cela augure ?
ALEXIS LÉVRIER Lors d’une conférence de presse de janvier 2008, Laurent Joffrin pose une question à Nicolas Sarkozy sur la « monarchie élective ». Les autres journalistes ont ri. Ce qui a choqué les Anglo-Saxons, car, chez eux, quand un homme politique ne répond pas à une question, le prochain la repose, et ainsi de suite, jusqu’à obtenir une réponse. Il serait temps que nous nous inspirions de ce mode de fonctionnement. Le journalisme embarqué, l’immersion rendent impossible de garder l’impartialité complète : soit le journaliste est défiant et il est marginalisé, soit la complicité, stratégique, finit par devenir réelle. De plus, le journaliste peut avoir l’impression de bénéficier d’un privilège et d’en être redevable. Le principe des boîtes noires de Mediapart tend à améliorer la situation : le site ne publie plus seulement les informations, mais aussi comment elles ont été obtenues.
Vous suggérez d’adopter « le point de vue de Sirius »
ALEXIS LÉVRIER Voir les choses du point de vue de Sirius, c’est observer de très loin afin de ne pas prendre parti. Respecter cet idéal revient à prendre le risque de n’obtenir aucune information. Ce dilemme est consubstantiel au journalisme politique. En France, ce problème est d’autant plus difficile à résoudre que le pouvoir politique entretient une relation presque incestueuse avec la presse depuis le XVIIe siècle. Or, l’élection de Trump, qui a surfé sur le discours anti-élites et antimédias, et la même rhétorique chez Marine Le Pen montrent qu’il ne faut pas donner prise à ce discours-là.
Quelles sont les origines de cette forme d’endogamie entre journalistes et pouvoir politique que vous évoquez (1) ?
ALEXIS LÉVRIER Se pose d’abord la question de la formation. À Sciences-Po se côtoient nos futures élites politiques et médiatiques. Journalistes et personnalités politiques appartiennent souvent au même milieu sociologique. Grâce à des dispositifs comme la Chance aux concours, nous pouvons espérer un renouvellement de ces élites, une revitalisation du lien démocratique et une presse plus indépendante du pouvoir, qui ressemble à la population. Mais que faire contre la proximité géographique de ces deux mondes ? Les journalistes parisiens s’exposent à des risques. Béatrice Gurrey (journaliste du Monde – NDLR), qui a très longtemps suivi Jacques Chirac, a été la seule à révéler que, après son AVC, il n’était peut-être plus en mesure d’exercer le pouvoir. L’accès à l’Élysée lui a été longtemps refusé. Le devoir d’informer est une question d’éthique et, sur le long terme, cette crédibilité est renforcée et reconnue par le public. Si le journaliste se tait, il entre dans la connivence, sans retour possible.
Vous exposez dans le livre la montée d’une nouvelle forme de dépendance, à l’égard du pouvoir économique…
ALEXIS LÉVRIER Les grands patrons rachètent la presse, non pour faire de l’argent, mais pour obtenir un outil d’influence. Souvent, ils dépendent des commandes de l’État et entretiennent des relations avec le pouvoir, comme le montre l’exemple de Sarkozy et Bolloré (l’affaire du yacht – NDLR). Entre le pouvoir politique, médiatique et économique, les médias sont le parent pauvre, à la merci des deux autres. Et cette interdépendance croissante entre pouvoir économique et politique se fait au détriment de l’indépendance de la presse. C’est un métier de grande précarité économique, ce qui rend les journalistes plus faibles lorsqu’ils proposent des articles. La prise de conscience des journalistes se heurte à cette réalité économique, car l’ubérisation du métier fragilise les tentatives de contestation de ces deux pouvoirs.

Josiane Balasko : « Je suis une féministe instinctive »

Josiane Balasko : « Je suis une féministe instinctive »

theâtre.
Entretien réalisé par Marie-José Sirach
Lundi, 26 Décembre, 2016
L'Humanité

sur les planches, josiane balasko dégage une force tellurique tranquille. photo Pascal Victor/ArtComArt
sur les planches, josiane balasko dégage une force tellurique tranquille. photo Pascal Victor/ArtComArt
Pascal Victor/ArtComArt
À l’affiche aux Bouffes du Nord à Paris avant de partir en tournée jusqu’en avril prochain, la comédienne joue la Femme rompue, un monologue de Simone de Beauvoir. Un rôle dramatique qu’elle endosse avec force et talent.
Sur scène, elle est Muriel. Une femme entre deux âges. Seule. Esseulée. Essorée par la vie. « Ma fille est morte et on m’a volé mon fils », hurle-t-elle au plus profond d’elle-même à la face du monde.
Dans la vie, elle est Josiane Balasko. L’une des actrices les plus populaires de sa génération. Un physique, une gueule, une gouaille. Comédienne, scénariste, réalisatrice, elle s’est imposée moins par conviction que par nécessité. Passées les années Splendid et la série des Bronzés, elle a tour à tour incarné une mégère alcoolique dans Un crime au paradis, une post-soixante-huitarde dépravée dans Absolument fabuleux, une flic déprimée dans Cette femme-là, une secrétaire intérimaire dans Trop Belle pour toi, Marguerite Duras dans J’ai vu tuer Ben Barka, une lesbienne qui bouleverse un couple hétéro dans Gazon maudit ou récemment une sexagénaire épanouie dans Retour chez ma mère.
Elle n’hésite pas à remonter sur les planches. En ce moment au Théâtre des Bouffes du Nord (1), elle est Muriel, cette Femme rompue d’après un texte de Simone de Beauvoir mis en scène par Hélène Fillières. Un exercice inhabituel pour l’actrice, un genre, dramatique, qu’elle fréquente peu. Mais Balasko dégage une force tellurique tranquille. Cette femme, rejetée de tous, s’accroche à la vie, avec l’énergie du désespoir, quand d’autres auraient tout abandonné. Elle est sonnée, elle titube, se lève, se recouche. Lucide et naïve. Balasko donne vie à Muriel. Nous fait éprouver ses errements, ses doutes et ses sursauts de vie. Parfois, elle laisse éclater sa rage. Une colère froide. Parfois, elle se laisse submerger par la tristesse. Mais elle repart. KO, debout.
Qui est Muriel ?
Josiane Balasko Une femme qui se met à nu et qui dit ce qu’on ne dit pas, surtout quand on est une femme de sa condition. Elle use d’un langage masculin, un langage qui dérangeait à l’époque de Beauvoir et dérange encore aujourd’hui. C’est Hélène Fillières, que je ne connaissais pas, qui est venue me trouver avec ce texte que je n’avais jamais lu. J’ai été séduite par le personnage, ce langage, cru, violent. Hélène a gommé quelques références datées, mais ce sont les mots de Beauvoir intacts que l’on retrouve,
Mis à part le sofa dans lequel elle se love ou se vautre, vous n’usez d’aucun artifice…
Josiane Balasko C’est logique. Cette femme n’est pas maquillée, ne met pas de faux cils ou de rouge à lèvres car elle n’attend rien. Le fait que ce soit une femme assez forte physiquement enlève du pathos. Elle redoute le jugement des autres, elle vit dans la peur et dans la rage. Et parfois, au milieu de cette rage, on croise des moments drôles. Mais c’est Beauvoir qui veut ça : la mauvaise foi de Muriel peut provoquer des moments cocasses. L’écriture de la Femme rompue est inhabituelle chez Beauvoir. On a le sentiment qu’elle se lâche, qu’elle s’amuse à régler ses comptes, peut-être avec Sartre, qui sait ? Mais c’est un texte qui n’a rien perdu de sa puissance. Il y a cette histoire de deuil, de solitude, toujours d’actualité. Une femme seule n’est toujours pas bien acceptée.
Vous parliez du physique de Muriel. Le vôtre ne vous a jamais posé de problèmes ?
Josiane Balasko Quand on est môme, que l’on veut être actrice, on a toutes envie d’avoir un physique de jeune première. Ce n’était pas mon cas. J’ai lorgné du côté des modèles masculins et j’ai observé les comiques. Je me suis dit que, s’ils y arrivaient avec leurs tronches, y avait pas de raison que je n’y arrive pas ! Même si Truffaut pensait que « le travail de metteur en scène consiste à faire faire de jolies choses à de jolies femmes » – comme quoi, on a beau être un grand cinéaste… Bref, les choses évoluent. Aujourd’hui, plus de femmes font du cinéma et les jeunes réalisateurs ne se braquent plus sur le physique. On a donc de moins en moins d’artistes formatés…
Simone de Beauvoir, le féminisme…
Josiane Balasko Pas besoin de lire Beauvoir pour la pratiquer. Disons que je suis une féministe instinctive. On dépend toujours des autres mais jamais je n’ai voulu dépendre d’un patron, d’un homme. Je n’imaginais pas ne pas gagner ma vie. Le modèle de la femme au foyer résiste encore. La femme est toujours discriminée au travail, côté salaire, et si en plus elle fait des gosses…
Vos projets ?
Josiane Balasko J’ai terminé un film, les Nouvelles Aventures de Cendrillon (de Lionel Steketee) où ma fille joue Cendrillon et moi la marâtre. Et j’écris en ce moment une pièce, Un chalet à Gstaad, qui raconte un dîner entre exilés fiscaux. Je crois que, par la comédie, on peut dire beaucoup de choses, non ?

Chômage : pour les précaires, pas de cadeaux de Noël

Chômage : pour les précaires, pas de cadeaux de Noël

CGT
Lundi, 26 Décembre, 2016
Humanite.fr

Selon les chiffres rendus publics pour le mois de novembre, seule la catégorie A voit ses chiffres baisser de 3,1 % sur 3 mois consécutifs et de 3,4 % sur 1 an. Pour les autres, la potion est amère ! Y a-t-il un « modèle » européen qui vise à augmenter la précarité à défaut de lutter contre le chômage ?
Sur 1 an, les demandeurs d’emploi, toutes catégories confondues, sont passés de 6 143 400 à 6 238 400. Ce qui fait encore une augmentation de 1,5 %.
Par ailleurs, les catégories B et C qui regroupent les personnes sous contrats précaires sont passées de 1 878 100 à 2 028 800, soit 8% d’augmentation.
Si nous conjuguons ces chiffres avec la diminution de l’indemnisation, nous ne pouvons pas voir là une embellie mais bel et bien une explosion de la précarité. Y a-t-il un « modèle » européen qui vise à augmenter la précarité à défaut de lutter contre le chômage ?
La CGT continuera à lutter contre le développement des contrats sans lendemain et pour les 32 heures sans diminution de salaire. Le travail et les richesses doivent être partagés.

« Nationalité française obligatoire, pas de noir »

« Nationalité française obligatoire, pas de noir »

Mardi, 27 Décembre, 2016
Humanite.fr

L’annonce ultra-raciste d’un agent immobilier de Levallois fait scandale. L’agence Laforêt tente de se défausser sur la propriétaire.
En visitant un appartement dans la ville cossue de Levallois (Hauts-de-Seine), un homme prénommé Moustapha est tombé sur une fiche technique de location, hallucinante de racisme décomplexé. « Nationalité française obligatoire, pas de noir », suivie d’une information sans doute importante pour les non-blancs « Immeuble avec des policiers uniquement ». « J'étais assez choqué, j'ai demandé des explications à l'agent immobilier. Il y avait des personnes noires qui visitaient l'appartement », raconte Moustapha. « Ce n'est pas de ma faute ni de mon ressor », lui aurait répondu l’agent immobilier. Car, comme le mauvais temps, le racisme n’est souvent de la faute de personne. Photographiée par Moustapha puis postée sur Twitter, la fiche scandaleuse a été repérée par France Info.
L'agence immobilière Laforêt, en charge du bien, s’en est aussitôt lavée les mains, déplorant « l'erreur » d'une ancienne « collaboratrice et se défaussant sur la propriétaire « qui est raciste », évidemment. « Notre employée a été naïve et mal formée, elle a retranscrit sans savoir », a stipulé Laurent Balestra, le responsable de l’agence Laforêt. « Lorsque les propriétaires sont racistes, je donne comme directive à mes employés de ne pas prendre les dossiers », affirme-t-il.
La bonne foi de l’agence laisse à désirer, tant il paraît simple de faire retomber la faute sur une collaboratrice absente et une propriétaire mal embouchée. Et alors que l’on connaît les mœurs douteuses et discriminatoires du monde de l’immobilier. Le responsable de l’agence s’est même fendu d’un propos délirant sans y faire attention. « On est aux Lilas, dans le 93, on ne peut pas se permettre [d'être raciste] », a-t-il déclaré. Parce qu’ailleurs, dans le 16e par exemple, on peut se permettre d’être raciste ?
Ce n'est pas la première fois que des cas de discriminations dans la recherche de logements sont constatés. En 2013, un agent immobilier avait été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à 2000 euros d'amende, pour discrimination envers une femme au nom de famille à consonance étrangère. Les jeunes en recherche de logement sont souvent victimes de ces agissements. Sur son site, le Centre d'information et de documentation jeunesse rappelle d'ailleurs que si les propriétaires ont « le dernier mot » dans le choix des candidats, ils « ne peuvent refuser de louer à un candidat locataire pour des motifs liés à son âge, sa sexualité, sa couleur de pea »", et ce, qu'il s'agisse de bailleurs publics ou privés.

Start-up : la face cachée de l’eldorado


Start-up : la face cachée de l’eldorado 2.0

Pierric Marissal
Lundi, 26 Décembre, 2016
Humanite.fr
Hamilton/REA
Derrière les discours électoraux sur le « tous milliardaires », la pompe à finances fonctionne à plein. Les start-up et entrepreneurs sont chouchoutés par nombre de candidats à la présidentielle, ils seraient innovants et créateurs d’emplois. Plongée au coeur de la réalité économique de ces jeunes pousses trop à la mode.
 
"Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires", lançait Emmanuel Macron début 2015 devant le fer de lance des start-up françaises. En dix ans, ce prétendu modèle de réussite s’est imposé. Ces jeunes pousses travaillent dans les nouvelles technologies, le traitement des données (big data) et les objets connectés. Elles espèrent toutes connaître le destin des Facebook ou Blablacar. Pour elles, l’argent coule à flots, entre investisseurs privés et généreux financements publics. Et, de François Fillon à Emmanuel Macron, les candidats à la présidentielle leur en promettent davantage encore. À les entendre, elles seraient créatrices des emplois et des activités économiques d’avenir, au cœur de l’innovation et de la recherche… Mais 9 sur 10 disparaissent dans les trois ans et les emplois créés sont peu nombreux. Pour le philosophe Éric Sadin, cet eldorado n’est qu’un mythe qui permet d’offrir une cure de jouvence au capitalisme et promet la monétisation de chaque moment de notre existence.

lundi 26 décembre 2016

Une medecin humanitaire enlevée au Mali

Une medecin humanitaire enlevée au Mali

Dimanche, 25 Décembre, 2016
Humanite.fr

La ressortissante franco-suisse, Sophie Petronin, est une femme de 66 ans qui travaille dans le secteur humanitaire a été enlévée vers 17h samedi 24 décembre par des hommes armés dans le 7ème arrondissement de de Gao, un quartier populaire de la ville.
Selon le gouverneur de la ville, des poursuites ont été engagées pour tenter de retrouver les ravisseurs : « Selon les renseignements recueillis, ce sont des hommes armés, trois ou quatre, qui sont venus à bord d’un pick-up couleur kaki et sable, sans immatriculation et avec vitres teintées, explique le gouverneur de Gao, Seydou Traoré. Elle vit à Gao depuis longtemps. Après les évènements de 2012 elle était rentrée et ensuite, elle est revenue. Elle a repris ses activités. Elle ne se cache pas, elle est assimilée à la population de Gao. »
« Dès que j’ai reçu l’information, je l’ai partagée avec toutes les forces en poste, et nous sommes en train de voir comment boucler les issues afin qu’avec la contribution des uns et des autres, on puisse les arrêter, insiste le gouverneur. Il s’agit de fouiller tout véhicule qui rentre et qui sort. Nous pensons que même s’ils sont sortis, ils ne sont pas loin. Avec l’appui des forces aériennes, on peut les localiser et essayer d’arrêter le processus. J’invite toute la population à nous aider pour qu’ils soient arrêtés à temps. »
Samedi soir, l'armée malienne, la force de l'ONU et la force Barkhane de l'armée française se sont mobilisées. Barkhane a lancé un appel pour toute information qui permettrait de la retrouver avec ce numéro de téléphone : 80.00.00.00.
Kader Touré, le directeur de la Radio Hania de Gao, dresse le portrait d'une femme passionnée par sa ville. Il explique que cette médecin de formation, originaire de la région de Bordeaux dans le sud-ouest de la France, est installée de longue date à Gao. Ville à laquelle Sophie est très attachée et où elle dirige entre autre une association qui vient en aide aux orphelins.
« Sophie est à Gao depuis une vingtaine d’année et puis immédiatement, elle s’est beaucoup intéressée à l’humanitaire, notamment aux enfants victimes de malnutrition. Elle mène également des activités pour la santé des enfants. Ce que j’ai reconnu chez Sophie, c’est son amour pour la ville de Gao. Lorsqu’en 2012, la France a demandé à tous ses concitoyens de ne pas dépasser la région de Mopti, une ligne rouge a été tracée à ce niveau-là. Mais Sophie a refusé de quitter Gao malgré toutes les menaces qui pesaient sur les Européens de façon générale. Elle, elle est restée jusqu’au jour de l’occupation. Donc c’est pour dire que c’est une dame très attachée à la ville de Gao. Après l’occupation, elle est revenue à Gao pour reprendre ses activités. »