lundi 7 mars 2016

Tunisie : scènes de guerre urbaine entre djihadistes et force de l’ordre à Ben Guerdane

Tunisie : scènes de guerre urbaine entre djihadistes et force de l’ordre à Ben Guerdane

Lundi, 7 Mars, 2016
Humanite.fr

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Ben Guerdane ce lundi matin
Capture Vidéo Nessma TV
Plusieurs dizaines d’islamistes armés, venus de Libye, ont attaqué tôt ce lundi des casernes de police et de l'armée à Ben Guerdane, ville du sud-est de la Tunisie proche de la frontière libyenne. Les combats ont déjà fait de plus de 30 victimes.
"J'ai vu un grand nombre de djihadistes  à l'aube, qui couraient avec leurs kalachnikovs", a témoigné à Reuters un habitant, Hussein. "Ils disaient qu'ils étaient de (l'organisation de) l'Etat islamique et qu'ils venaient attaquer l'armée et la police".
Selon le ministère de l'Intérieur tunisien, vingt et un assaillants ont été tués et six autres capturés. Selon la presse locale, il y a eu seize  victimes du côté des forces de l'ordre et des civils. Dont une jeune fille de 12 ans.
C’est la deuxième fois en une semaine que cette ville de 60 000 habitants, à une trentaine de kilomètres de la frontière libyenne, se fait attaquer. Mercredi dernier, cinq djihadistes venus de Libye et retranchés dans une maison ont été tués lors d'une opération menée par des unités de l'armée, de la garde nationale (gendarmerie) et de la police dans Ben Guerdane. Un civil avait également été tué par une balle perdue, et un commandant blessé à la tête.
Mais l’ampleur de l’assaut d’aujourd’hui, ce commando de dizaines de combattants armés d’armes de guerre qui ont attaqué une ville, est complètement inédite en Tunisie.
Un djihadiste capturé il y a quelques semaines avait annoncé que l’EI de Libye avait l’intention de capturer la ville, et d’en faire une porte d’entrée pour la conquête de la Tunisie.
Le ministère de l'Intérieur a invité les habitants à rester chez eux à Ben Guerdane. Un couvre-feu a été imposé.
En outre, rapporte l'agence de presse tunisienne TAP, les autorités ont bouclé la station balnéaire de Djerba, non loin de là, et fermé deux postes-frontières avec la Libye. Craignant que le conflit libyen ne déborde sur son territoire, la Tunisie a creusé une tranchée le long de sa frontière, et des conseillers militaires occidentaux ont entrepris de former les unités de garde-frontières tunisiens.  Plus de 3000 Tunisiens sont partis combattre dans les rangs du groupe Etat islamique (EI) et au sein d'autres organisations djihadistes en Syrie et en Irak. Les responsables des services de sécurité tunisiens parlent de plus en plus de retours de ces djihadistes, qui rejoignent des groupes islamistes en Libye et franchissent clandestinement la frontière tunisienne.

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